Ce matin, nous avons rendez-vous à l’aéroport de Reykjavik pour une excursion dans les airs, au-dessus de la péninsule de Reykjanes.
Après l’éruption du Fagradalsfjall en 2021, le site est devenu très touristique. Nous avions alors projeté de nous y rendre pour observer les étendues de roche volcanique et apercevoir ce cratère qui s’était tant défoulé pendant 6 mois.
Et il y a un mois, le volcan s’est à nouveau réveillé et une fissure proche crachait sa lave en continu. La distance pour le rejoindre avait augmenté et ce n’était alors plus 5h de rando aller-retour à prévoir, mais 7h sur un terrain très accidenté et difficile par endroits. Nous avons donc craqué et réservé une excursion en hélicoptère (760 € pour 2) afin de le survoler et ainsi l’admirer de plus près.
Mais 15 jours avant notre départ, à nouveau, le volcan cesse toute activité. Après réflexion, nous avons décidé de conserver l’excursion. Je n’ai jamais pris l’hélicoptère et le site vaut apparemment encore le détour.
Fagradalsfjall
Nous voilà donc près à découvrir la zone. Après de multiples tours pour trouver l’aéroport puis le bungalow qui correspondent à notre sortie, nous prenons enfin place dans notre hélicoptère.
Nous nous envolons au dessus de Reykjavik puis rejoignons la péninsule de Reykjanes, dans la vallée de Meradalir, une zone volcanique active. Et nous en prenons plein les yeux ! La vue est magnifique.
Nous survolons une étendue désertique, ravagée, où la main humaine est totalement absente. Entre vestiges gris de l’éruption de 2021 et cendres encore fumantes de cette année, la vision est superbe. Ce mélange de rouge, noir, gris, marron, loin de paraître désolé, nous offre un paysage fabuleux où la nature s’impose et resplendit.
Nous passons même juste au-dessus du cratère du Fagradalsfjall et, si celui-ci est désormais au repos, la sensation est prenante et nous nous semblons bien petits.





Après une demi-heure de vol, nous rebroussons chemin vers Reykjavik où, pendant 10 minutes, nous découvrons la capitale sous un nouvel angle. De là-haut, l’alignement des maisons est particulièrement visible. Les couleurs diverses et variées des toits en tôle et des façades ressortent particulièrement bien.
Et nous apercevons des endroits visités et qui nous sont maintenant familiers : l’Eglise Hallgrimskirkja, le Harpa, le lac Tjörnin…


La visite est également saisissante et le vol en hélicoptère vraiment stable et agréable. Quand nous finissons par nous poser sur la piste de l’aéroport, c’est avec un gros sentiment de frustration. Le voyage était tellement top que nous ne demandons qu’à y retourner !
Promis, ce tour ne sera pas le dernier et nous testerons à nouveau ce mode de visite ailleurs. En attendant, l’heure est à l’Islande et la journée ne fait que commencer.
Nous retrouvons TAM et partons à la découverte de la péninsule de Reykjanes, mais par la route cette fois-ci.
Lac Kleifarvatn
Première étape : le lac Kleifarvatn, une immense étendue d’eau calme.
Pas un bateau, pas une activité. Et un silence prenant, intense, mais pas du tout pesant. Nous profitons de cette tranquillité pour nous poser sur son rivage et pique-niquer sur le sable noir.
Autour de nous, s’étendent des croûtes de roche volcanique à perte de vue. Par endroit, on peut même distinguer les différentes épaisseurs d’anciennes coulées de lave.



Seltun
Puis nous roulons quelques kilomètres et rejoignons la zone géothermique de Seltun. Là aussi, c’est une explosion de couleurs, mais contrairement à Reykjavik où les peintres sont humains, ici la nature est seule artiste.
Toutes les nuances de bleu, orange, rouge, blanc, gris sont représentées. C’est juste magnifique et, avec ce glougloutement incessant des cuvettes de souffre, assez impressionnant. D’ailleurs le souffre, on ne peut pas l’ignorer. Outre le bruit, il y en a aussi l’odeur…
Ignorant les relents d’œufs pourris, nous empruntons les chemins qui serpentent au milieu de la zone, en prenant bien garde de ne pas franchir les cordelettes qui délimitent le sentier. Partout, des panneaux DANGER ou EAU A 80-100° nous rappellent bien de ne pas nous aventurer n’importe où. Et la règle est formelle en Islande : si les paysages sont aussi beaux et conservés, c’est parce qu’il est formellement interdit de les souiller et de s’y balader n’importe comment, sans aucun respect.
En attendant, la nature ici est spectaculaire. Avec son panache de couleurs, elle bouillonne, elle fume, elle vibre, elle vit.





Grindavík
Puis TAM nous conduit bien plus au Sud-Ouest, vers une presqu’île désolée, complètement lunaire, inhabitée et déserte, si ce n’est un phare et l’épave d’un chalutier, échoué en 1971. L’endroit n’a même pas vraiment de nom, mais se situe près de Grindavik, un port de la Côte Sud. Beaucoup moins touristique, peu de gens y font le détour, d’autant plus que la route n’est qu’un amas de gros cailloux. Mais pour nous “moins touristique”, ça veut dire “on y va !” alors bon…




D’ailleurs, dans le genre touristique dans le coin, la palme revient au Blue Lagoon : un lagon en plein air aux eaux riches en minéraux, au milieu d’un champ de lave. Cette zone thermale est réputée pour ses bains chauds dans un endroit féérique, et coûte horriblement cher.
On aurait pu se laisser tenter, mais l’idée d’être au milieu de la foule et de payer si cher pour faire trempette, alors qu’il y a tant de choses à voir… Non, vraiment, ce n’était pas possible…
Par contre, cette eau laiteuse, en contraste avec le noir des roches volcaniques, nous tente bien quand même. Alors, nous filons tout de même aux abords du site pour profiter de cette vision, puisque nous avons vu qu’à l’extérieur une courte balade était possible avec un aperçu naturel du décor.



Reykjanesviti
Ensuite, direction l’extrême pointe de Reykjanes où nous atteignons son phare et ses falaises noires.
Le phare est fermé, mais de sa base nous profitons d’un panorama magnifique sur la zone alentour : une zone géothermique vers l’intérieur des terres et une vue dégagée sur les falaises et la mer.



Nous rejoignons les falaises accessibles seulement sur certaines parties. En effet, le vent violent est ici trop souvent responsable d’accidents mortels.
Le panorama est magnifique. De tous côtés, la vue est captivante.






La vue est saisissante, mais notre regard revient régulièrement sur les nuages de vapeur aperçus du phare.
Finalement, nous rebroussons légèrement chemin pour nous y rendre. Sans regrets !
Là, des marmites brûlantes bouillonnent sans relâche, en exhalant des vapeurs constantes. La zone est située dans un secteur géothermique plutôt actif, où la température atteint parfois 300°C. Elle porte le nom de Gunnhuver, d’après la sorcière-fantôme Gunna qui hanterait le site. L’endroit est assez incroyable à visiter, les vapeurs s’élèvent haut dans le ciel.
Au travers d’un des trous, on aperçoit même un vieux pont en bois, désormais inutilisable. En quittant le site, on découvre les gros tuyaux qui acheminent l’eau chaude alentour.




Bru milli Heimsalfa
En remontant vers le Nord de la Péninsule, nous faisons halte au Pont entre les continents.
En effet, l’Islande se situe juste entre deux plaques tectoniques, Américaine et Eurasienne, et est fréquemment victime de leurs mouvements. Elle est en particulier traversée par une faille que nous aurons l’occasion de croiser à plusieurs reprises pendant notre séjour.
Ici, la faille est remplie de sable noir et serpente au milieu de kilomètres de roche volcanique. Assez impressionnant, tout comme le silence sur le site. Pas un oiseau, pas un bruit. C’est saisissant !



Vikingheimar
En longeant Keflavik, nous nous arrêtons rapidement auprès de son musée Viking.
En lisant les avis sur internet, nous avons décidé de ne pas le visiter, préférant économiser pour d’autres sorties. Néanmoins de l’extérieur, on peut apercevoir le Drakkar reconstitué dans le hall. La halte est cependant courte, on ne voit pas grand chose et après cette journée si intense en émotions, nous commençons sérieusement à crier famine…



Nous regagnons donc Reykjavik où nous avons réservé au Loki, le restau local à la mode. Et hummm ! Un vrai régal !
C’est également l’occasion de goûter aux spécialités islandaises : le brennivin, leur alcool fort, et le hakarl, à base de requin du Groenland. Le requin est un animal qui n’urine pas, si bien que sa chaise est pleine d’acide urique. Elle est mise à sécher pendant des mois, puis servie en petits dés. Son goût est spécial, particulièrement fort. Mais on nous avait défié d’y goûter…

